théodelinde

THÉODELINDE, ou Theodelinda, reine des Lombards. Née vers 570/75, elle était la fille du duc Garibald Ier de Bavière et de Walderada (fille du roi lombard Wacho, Walderada épousera les roi francs Theudebald puis Chlotar).

N'ayant pu épouser le roi franc Childebert II, Theodelinda s'éprend du roi arien des Lombards Authari, fils du roi Kleph, et l'épouse en 588 ou probablement en 589 ("le 15.5. 589") à Vérone après avoir échappé aux Francs. Son frère Gundoald († 616), avec qui elle s'est évadée, fut nommé duc d'Asti par son beau-frère. Le 5 septembre 590, Authari mourut (Greg. Epp. i. 17). C'est elle qui choisit alors son successeur : en novembre, Theodelinda, prenant conseil auprès de ses sages, choisit pour mari Agilulf, le duc arien de Turin, un parent de son précédent mari (Paul. Diac. iii. 55). Il sera accepté comme roi par tous les Lombards au mois de mai suivant à Milan.

Elle exerça ensuite une influence importante en permettant au christianisme orthodoxe d'obtenir la primauté en Italie au détriment de son rival, le christianisme arien. Les Lombards, comme les autres Germains, à l'exception des Francs, s'étaient convertis à la forme arienne du christianisme. Les Lombards refusaient le cinquième concile qui avait condamné les Trois Chapitres. La position de Theodelinda était cependant particulière : sous son influence le roi Agilulf devint catholique, sans doute après 603 (Greg. Epp. xi. 4; xiv. 12) ; il fut généreux envers l'église, et restaura les évêques orthodoxes (Paul. Diac. iv. 6). D'un autre côté, elle continua de soutenir les Trois Chapitres, menaça Constantius, archévêque de Milan, de ne plus participer à la communion et refusa d'accepter le 5ème concile (Greg. Epp. iv. 2, 3, 4, 38, 39; cf. Columbanus, Epp. 5 in Migne, Patr. Lat. lxxx. 274). Le pape Grégoire traita ce manquement à l'orthodoxie avec diplomatie et demeura en bons termes avec Theodelinda. Grâce à elle Agilulf fit la paix (Paul. Diac. iv. 8; Greg. Epp. ix. 42, 43), et Grégoire la félicita pour la naissance de son fils Adaloald en 602, et envoya au bébé une croix contenant un morceau de la Vraie Croix et un lectionnaire.

En 595 Theodelinda fit construire l'Oraculum, qui deviendra la basilique Saint-Jean-Baptiste à Monza. A la mort d'Agilulf en 616, Adaloald lui succéda. Theodelinda assura la régence. Elle mourut sans doute en 628 ou avant 626 (Paul. Diac. iv. 41). Elle fut canonisée. [d'après (1)  (2)  (3) (4)  (5) ]

Paul Diacre rapporte que sous l’influence de Teodolinda, Agilulf devient un fervent avocat de l'Eglise catholique. Pour Paul Diacre comme pour les chroniqueurs byzantins de la même époque, la principale qualité d’un chef n’est plus sa capacité politique ou militaire, mais son attitude envers l’Eglise. Mais Paul ne raconte pas d’une manière assez claire le moment de la conversion des Lombards de l’arianisme au catholicisme. Peut-être voulait-il éviter d'insister sur l’arianisme initial de son peuple, alors que les Lombards étaient à la recherche d'une histoire glorieuse. Il n'était pas dans la situation de Grégoire de Tours qui pouvait faire de la conversion directe des Francs au catholicisme, sans l’étape arienne intermédiaire, un titre de gloire du roi Clovis.

Les Lombards ont bénéficié de la protection de saint Jean-Baptiste depuis que la reine Teodolinda a fait bâtir une basilique en son honneur. Les Lombards ont été battus par les Francs, nous suggère Paul, parce qu’ils ont abandonné cette église, et la protection du saint a donc cessée. D’une certaine manière, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une croyance semblable à celle des Romains païens, qui affirmaient que la chute de Rome est le résultat de l’abandon des anciens dieux. [d'après (6) ]